Scieries à ruban mobiles, l'opportunité mars 04, 2009
Dans le hall 4 que le salon Eurobois consacrait cette année à la première transformation du bois, les scieries mobiles crevaient l'écran. Profitant de la mobilité intrinsèque de sa gamme d'outils, Wood-Mizer occupait un vaste espace où des démonstrations explicitaient les capacités de sciage de machines constituant une gamme de plus en plus déiversifiée. Ainsi, entre le modèle LT10 et le LT70, voici le format intermédiaire LT20 permettant toutefois de scier des grumes jusqu'à une longueur de 6,50 m. Sans doute s'agit-il d'une formule susceptible d'intéresser les propriétaires et explitants forestiers victime de la tempête Klaus. De fait, le concept de scierie à ruban mobile, assez récent en Europe, a commencé à prendre son essor après les tempêtes de 1999. Parallèlement à l'émergence des problèmes de valorisation de chablis, ces machines comblent une case laissée vacante par la disparition des petites scieries, un phénomène qui a d'ailleurs été amplifié dans les Landes par la dernière tempête.
Le développement de ce nouveau type de scieries conduit à lui faire quitter le cadre étroit qui était le sien à l'origine, à savoir d'être une machine remorquable. Ainsi, chez Wood-Mizer, la récente LT10 est certes destinée à être au besoin déplacée, mais le chariot devient stationnaire. Une solution qui bute apparemment encore sur des complications en matière d'homologation des remorques. A l'autre extrémité de la gamme, l'Allemand Serra mettait en exergue sur son stand une scierie stationnaire en petit format. Pas de roues, mais un cadre en Hartox garantissant un usage à outrance, et une direction AVS particulièrement ergonomique, primée à la dernière édition du KWF, et qui mise de surcroît sur un usage approprié de l'énergie, ce qui n'est pas seulement une question de développement durable, mais d'alimentation durable des machines.
Tandis que Wood-Mizer est d'origine américaine, l'Allemand Serra s'est inspiré à l'origine de machines canadiennes, mais en les adaptant "à l'allemande", avec un retourneur de tronc breveté et, pour les séries SL, une tension de lame variable. La nouveauté 2008 de Serra était la Montana ME 90 (pour grumes jusqu'à 88 cm de dismètre), tandis que la scierie stationnaire présentée sur Eurobois n'est encore qu'un prototype. Mais le but est clair : proposer une machine robuste qui pourra au besoin tourner 24h/24.
1000 scieries Serra sont installées dans le monde dont 400 en Allemagne. Tandis que la part de l'export atteint désormais 75%, la France, avec un parc de 80 scieries installées, occupe année après année la première place, à égalité avec l'Ukraine. L'Ukraine, un pays voisin de la Pologne, où Wood-Mizer a installé ses quartiers européens. Par leur taille respective, par leurs options techniques et par leur politique de prix, Serra et Wood-Mizer se complètent bien. Mais il ne faut pas oublier les autres acteurs de ce segment de marché comme Resch&3, Zenz-Wimmer et Pezzolato. Compte tenu des projets d'agrandissement du salon Eurobois, d'ici 2011, il y aura de la place pour les accueillir tous!
(légendes : vue sur Eurobois: la LT10 de Wood-Mizer est démontable mais fonctionne comme une petite scierie stationnaire; la LT20, comble l'écart entre la LT10 et la LT70, mais le catalogue comprend également une LT15 et une LT40...; Roberto Lautenschlager, responsable export de Serra pour la France, devant le prototype de scierie stationnaire; comme son nom l'indique, le modèle stationnaire est particulièrement destiné à l'Afrique)